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Catégorie : Textes et documents fondamentaux
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1/ Question du 22/11/2001:

Notre dernière fille, âgée de 5 ans, a reçu l'eucharistie en juillet 2001 dans notre paroisse luthérienne de référence (en Alsace). En effet, le conseil presbytéral de cette paroisse autorise les enfants baptisés à recevoir la Sainte Cène dès le plus jeune âge.

Et notre fille est parfaitement au courant de la signification de l'eucharistie (Pain de Jésus = signe du Don de Dieu = Jésus mort pour nous = Jeudi Saint).

Nous nous posons la question de savoir si nous pouvons considérer qu'elle a fait sa Première Communion au sens catholique du terme. C'est-à-dire peut-elle communier avec tout le monde quand elle va à la messe catholique? Oui ou non?

 

Le père pense que OUI (car le pain eucharistique reçu validement dans une Eglise est forcément valable dans toutes les Eglises puisqu'il y a un Seul Seigneur) et la mère pense que NON (car l'Eglise Catholique, même si elle est en communion théologique avec les autres Eglises, ne partage pas "son" Eucharistie avec les autres, car sinon il n'y aurait plus qu'une seule Eglise sur terre; l'enfant devrait donc suivre une catéchèse catholique de plusieurs années avant d'être admis officiellement à l'eucharistie).

 

2/ Essai de réponse du protestant Frédéric que nous remercions :

Si l'on se place sur un plan "juridique" (droit canon), un(e) protestant n'est pas admis à l'eucharistie car l'église catholique romaine n'est pas en pleine communion avec l'église luthérienne.

Dans des circonstances particulières, l'évêque peut autoriser ponctuellement des protestants à participer à l'eucharistie. C'est le cas lorsque des relations particulières existent entre deux communautés et qu'une célébration particulière est organisée. Mais c'est l'exception et la décision relève de l'évêque. Monseigneur Louis-Marie Billé, ancien président de la conférence épiscopale, a rappelé aux couples mixtes cette impossibilité pour le conjoint non catholique de participer à l'eucharistie.

D'un point de vue "pratique", il faut interroger le prêtre local qui indique, en conscience, ce qui lui semble possible. Dans ce cas, les réponses sont variables d'un prêtre à l'autre, d'une situation à l'autre.

De même, si l'on n'est pas connu du prêtre et que, en conscience, on veut communier. Rien n'empêche de le faire et l'on ne choquera aucun catholique puisque l'on n'est pas connu comme non catholique.

En ce qui me concerne, je pense qu'il est tout à fait inutile de se torturer avec ce genre de question. Il convient de laisser parler son coeur, dans le respect des différences. Si l'enfant (et ou ses parents) veut communier et que le prêtre est d'accord autant communier puisque la démarche et l'accueil sont sincères de part et d'autre. Si le prêtre refuse, il ne reste qu'à communier par la prière... 

Lorsqu'un prêtre refuse que je communie, je tiens la main de mon épouse lorsqu'elle revient s'asseoir au moment de l'euchariste. Je communie par la main ! C'est évidemment frustrant mais l'on ne peut obliger une autre église à devenir ce que l'on voudrait qu'elle soit. Evidemment, je trouve cette position de l'église catholique peu défendable dans ma situation : je me suis marié dans un église catholique, mes enfants sont inscrits au catéchisme dans l'église catholique mais je ne peux pas communier ... Mais il ne m'appartient de déterminer la théologie ou l'écclésiologie d'une église à laquelle je n'appartiens pas (de son point de vue).

 

3/ A suivre... d'autres réactions?